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Qualité de l’exécution: M.McClelland, E.Rowse

Préservation d’un bâtiment ou complexe   patrimonial: D.Scott, P.Stewart

Préservation d’un  paysage patrimonial

Nouvelle vocation: M.McClelland, L.Reid, E.Rowse

Planification patrimoniale

Communications patrimoniales: M.Reniers, S.Robinson



   


Qualité de l’exécution

Membres de l'ACECP:
Nom de l'enterprise:
Nom du projet:
Emplacement:
Client:
Michael McClelland, Edwin Rowse
ERA Architects Inc., Heritage Architects
Le Carlu
Toronto (Ontario)
Mark Robert et Jeff Roick

Description du projet:

Le concept art moderne de 1930 de Jacque Carlu pour le 7e étage témoignait du modernisme d’avant-garde parisien et mettait à l’honneur les matériaux canadiens et la qualité d’exécution d’ici. Lorsque le magasin s’est relogé au Eaton Centre en 1977, l’Eaton Auditorium et le Round Room Restaurant ont disparu de la vie citadine. Pendant plus de 30 ans, l’étage est demeuré vide et sans services, sa finition intérieure partiellement détruite et en décomposition. En 2001, des rénovations ont commencé à rouvrir le lieu historique national en tant que local événementiel baptisé Le Carlu. Le tout comprenait la restauration de toutes les oeuvres d’art, des finis et de l’éclairage, l’incorporation de systèmes mécaniques et électriques entièrement nouveaux et l’intégration de nouvelles technologies et utilisations des locaux restaurés des années 1930.

ERA Architects Inc. ont rédigé un plan de restauration qui divisait l’étage en deux zones de base, désignées comme l’avant de la maison et l’arrière de la maison. Les espaces à l’avant regroupaient le Foyer, l’Auditorium, la Round Room et la Clipper Room, qui comprenaient ce qu’on qualifiait d’espaces les plus importants à conserver et à restaurer avec soin. Les espaces à l’arrière incluaient les vieilles cuisines, les toilettes et les coulisses. Ces deux zones ont été traitées différemment quant au niveau d’efforts de restauration appliqués et au niveau de modifications à survenir.

Bien que le plancher était grandement abîmé, bon nombre des éléments décoratifs sont demeurés sur place, et les lieux principaux étaient en général intacts. ERA a pu reconstituer l’apparence initiale grâce à des recherches historiques et à l’utilisation de photos d’archives, de dessins d’origine, d’autres travaux conçus par le même cabinet d’architectes, et des articles écrits sur l’espace par des sources contemporaines. Des analyses scientifiques de la peinture, des récits oraux et des discussions avec des experts dans le domaine du patrimoine (restaurateurs d’ouvrages en pierre et en métal, fournisseurs de vitres, etc., surtout lorsqu’on devait substituer un matériau en raison de son indisponibilité ou de son coût démesuré) ont permis de pousser la reconstitution de cette apparence.

La fontaine, composée d’une surface Vitrolite foncée, de métal de type Monel, d’ardoise noire et d’un faîte à la manière ziggurat constituée de verre givré, était l’un des éléments les plus malmenés de l’étage (aspects mécaniques et électriques perdus, la plupart des éléments de verre perdus ou brisés, ardoise fracassée et de nombreux éléments de métal endommagés). Après de vastes recherches pour retrouver l’apparence d’origine et le fonctionnement de la pièce, on l’a démantelée en éléments numérotés et photographiés. On a ensuite redessiné les composantes manquantes ou brisées à partir de matériaux aussi semblables que possible.

Partout dans le reste de l’étage, d’autres aspects (délicats luminaires brisés ou manquants, grilles de métal décoratives, portes de métal Monel et de bronze jusqu’aux matériaux de construction générale tels que panneaux et plinthes en marbre, panneaux en érable moucheté et en noyer et linoléum) ont fait l’objet d’une concordance maximale pour obtenir l’apparence restaurée. De nouveaux éléments tels que les bars, les finis de planchers et des pièces tout à fait nouvelles ont été conçus au moyen des matériaux en place et de la palette de couleurs en vigueur, et ont été installés de manière réversible si l’espace le permettait.

Il faut souligner que le projet a été réalisé en une période de sept mois, tout en respectant le budget de 7 millions de dollars, une réussite qui atteste de la force de la collaboration entre le professionnel, le client, l’entrepreneur et l’équipe de la ville de Toronto.

Commentaires du jury

Les membres du comité de sélection ont louangé cette restauration stupéfiante mettant à profit des recherches admirables, une qualité d’exécution spécialisée et l’intégration minutieuse de nouveaux systèmes et services. Ils ont estimé que la démarche théorique justifiait tout compromis de conception. Le projet a été prisé à l’unanimité pour la beauté du produit fini, résultat des efforts d’une équipe inspirée et talentueuse.